5555 Westminster, Suite #314
Montréal, Quebec, H4W 2J2

Sur le papier, deux copropriétés construites par le même promoteur, la même année et à partir des mêmes plans peuvent sembler parfaitement identiques. Mais chaque mois, quand vient le moment de calculer le montant de cotisation à verser au fonds de prévoyance, les chiffres sont différents. La raison : l’étude de fonds de prévoyance doit se baser sur l’état réel d’un bâtiment au fil des années comparé aux données d’espérance de vie théorique de chaque composant. C’est là qu’intervient l’inspection de bâtiment.

Points clés – Ce qu’il faut retenir :

  • Deux immeubles identiques vieillissent rarement au même rythme.
  • L’orientation, le sol et le climat impactent la durabilité des matériaux.
  • La qualité d’exécution lors de la construction varie entre les bâtiments d’un même projet.
  • L’usage des copropriétés influence l’usure des parties communes.
  • L’état réel d’un bâtiment compte plus que l’âge théorique des composants.
  • Seule une inspection physique révèle ces écarts.

Qu’est ce que le fonds de prévoyance évalue réellement ?

Le calcul d’un fonds de prévoyance se base sur l’état réel d’un bâtiment, observé lors de l’inspection, et non uniquement sur ses prévisions théoriques. 

À retenir : 

  • État réel = un bâtiment et son vécu au fil des années.
  • Espérance de vie théorique = les données génériques d’un bâtiment.
  • Inspection de bâtiment = un examen physique qui compare le vieillissement théorique et l’état réel de chaque composant. 
  • Fonds de prévoyance = des cotisations basées sur les écarts observés.

 

Quels sont les facteurs qui font varier les taux de cotisation ?

Un immeuble ne reste pas figé après sa construction, il évolue avec le temps et chaque exposition laisse des traces, même si son apparence extérieure semble identique.

Facteurs : 

  • Impact environnemental 
  • Conditions du terrain
  • Qualité d’exécution sur un chantier 

Une façade orientée au nord-ouest subit beaucoup plus d’intempéries qu’une façade orientée au sud-est, et deux bâtiments construits côte à côte ne reposent pas systématiquement sur un sol homogène.

Ce que cela veut dire concrètement :

  • Une toiture plus exposée au vent s’use plus vite.
  • Un mur orienté au nord retient l’humidité plus longtemps.
  • Un tassement irrégulier du terrain fissure les dalles plus rapidement.
  • Une nappe phréatique active accélère la dégradation des sols.

Ce que l’on retient :

Dans des conditions réelles, seule une inspection physique peut révéler ces écarts, qui ne deviendront visibles que 10 à 15 ans plus tard.

 

Pourquoi l’historique d’entretien est-il plus important que l’âge des composants ?

L’historique d’entretien a plus de valeur que l’âge théorique d’un composant car il révèle sa durée de vie réelle, et non sa durée de vie idéale. 

Ce que cela change concrètement :

  • Un joint de façade réparé à temps évite que l’eau ne s’infiltre dans les murs.
  • Un système de chauffage entretenu chaque année tombe en panne moins souvent.
  • Un carnet d’entretien mis à jour régulièrement permet d’anticiper certains remplacements en toute sécurité.

« Il y a des compagnies qui effectuent l’étude de fonds de prévoyance uniquement sur la base de l’espérance de vie des différents systèmes. Par exemple, un item qui, dans les livres, peut durer 13 ou 15 ans, nous on voit qu’il est prématuré à 8 ans. Ces différences affectent énormément le budget et la cotisation. »

Yossi Elmaleh

Ingénieur chez Genispec

Comment l’usage des copropriétés influence-t-il le fonds de prévoyance ?

L’usage d’une copropriété influence le fonds de prévoyance car un immeuble habité par ses propriétaires ne vieillit pas comme un immeuble majoritairement loué. Ce facteur, presque jamais mentionné dans les études de cotisations, peut pourtant créer un écart entre deux bâtiments identiques.

Ce que cela veut dire concrètement :

  • Dans un immeuble composé majoritairement de locataires, les problèmes ne sont pas toujours détectés et signalés rapidement.
  • Le roulement locatif augmente l’usure des ascenseurs, des halls et des portes communes.
  • Des cotisations maintenues au minimum légal pendant des années créent un retard structurel.

« Les gens pensent qu’un taux initial à 5 % à la conception du bâtiment, c’est assez. Peut-être au début, mais avec le temps, les anomalies grandissent de manière exponentielle. La vie coûte plus cher et l’inflation vient casser l’idée que 5 % est suffisant. »

Yossi Elmaleh

Ingénieur chez Genispec

Comment une inspection de bâtiment permet de faire émerger les écarts de fonds de prévoyance ?

Une inspection de bâtiment fait émerger les écarts de fonds de prévoyance en révélant l’état réel de chaque composante. Pour cela, il faut l’inspecter physiquement de l’intérieur, plutôt que de calculer son espérance de vie à partir de tableaux génériques.

Étapes d’une évaluation fiable : 

  1. Inspection visuelle et technique de toutes les parties communes.
  2. Évaluation de l’état réel de chaque composante et pas seulement de son âge théorique.
  3. Comparaison des résultats de l’état réel aux données d’espérance de vie théoriques.
  4. Prise en compte du carnet d’entretien documenté par le syndicat.
  5. Analyse des conditions du site (sol, exposition, qualité).
  6. Production de scénarios de cotisation basés sur ces constats réels, sur un horizon de 25 ans.

« C’est la première étape. On détermine l’état présent des systèmes, et selon ça, on peut évaluer l’espérance de vie de chaque structure, les besoins en maintenances et les changements à faire. »

Yossi Elmaleh

Ingénieur chez Genispec

Que retenir avant de comparer votre fonds de prévoyance à celui du voisin ?

Avant de comparer votre fonds de prévoyance à celui du voisin, il faut comprendre que l’état réel d’un bâtiment compte plus que son état d’origine et se baser uniquement sur des prévisions théoriques mène souvent à de mauvaises conclusions. 

Bonnes pratiques pour un syndicat :

  • Ne jamais présumer qu’un immeuble voisin a des besoins similaires.
  • Exiger une inspection physique complète avant de calculer les cotisations.
  • Conserver un historique d’entretien détaillé année après année.
  • Faire réviser l’étude du fonds de prévoyance tous les 5 ans, comme l’exige la Loi 16.
  • Confier l’évaluation à un ingénieur membre de l’OIQ.

 

Genispec

Firme de Génie-Conseil au Québec

Genispec est une firme de génie-conseil composée d’ingénieurs en bâtiment membres de l’OIQ. Nous offrons des services spécialisés en inspection des façades et stationnements souterrains selon la Loi 122, en étude de fonds de prévoyance et carnet d’entretien selon la Loi 16, ainsi qu’en inspection de bâtiments commerciaux, multi-logements, industriels et copropriétés. Nous réalisons aussi des certificats d’état d’immeuble et des inspections de pré-réception.

Tous nos rapports sont validés par un ingénieur qualifié. Tous les articles publiés sur notre site sont révisés et approuvés par un membre qualifié de notre équipe, afin de garantir l’exactitude technique de l’information.